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Hors séries : Je dois écrire un article pour demain

2 févr. 2016
4 min de lecture

Je dois écrire un article pour demain. Sport extrêmes. Comme c’est Agora’ctu, je peux ne pas me tenir au sujet et écrire sur autre chose. Mais j’avoue n’avoir aucune idée. C’est con parce que Agora’ctu est un bel outil d’expression, mais aucun étudiant ne l’utilise. Alors c’est une équipe régulière qui se tape l’écriture de tous les articles. Et parfois, on n’a ni inspiration, ni sujet à traiter. Ou on manque tout simplement de temps.

Alors je vais faire un article sur rien. Ou plutôt sur tout. Ça changera un peu des articles à thèmes.


Pourtant j’ai quelques idées d’articles, mais je n’arrive pas à les écrire. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être que c’est pour la même raison que je n’arrive plus à rire. Ou que je m’énerve malgré moi.

Mais j’aime écrire, autant que j’aime parler. Certains disent que je parle trop et ils ont sûrement raison. Mais j’avoue ne pas y faire attention. Je cherche juste à m’exprimer. Je ne force personne à lire ni à écouter. Je me contente de m’exprimer. Et quand j’écris, aucune oreille n’est violée.

Cet article est chiant. A mourir. Pourtant tu continues à lire. Probablement parce que tu comprends ce que j’ai envie de dire.

Il me faut trouver un sujet à traiter. J’en deviens insultante pour le lecteur blasé.

Si seulement tu pouvais m’aider. Me souffler une idée, me dire ce que tu veux lire. C’est difficile de savoir ce qui t’intéresse. Et aujourd’hui, ma plume est en détresse. Abandonnée par mes muses, je cherche à te toucher. Je n’ai aucune excuse, et j’en viens à pleurer.

Cet article est vraiment conceptuel. Il est assez masturbatoire mais néanmoins flagellatoire. C’est de l’auto-soumission sexuelle. Et merde. Je suis en train d’écrire tout ce que je déteste. Je suis en train de complètement retourner ma veste. Putain je me dégoute. Je ne devrais pas publier cet article. Il entretient la médiocrité comme dans un cycle. Me voilà envahie par le doute. Je le répète : je me dégoute. En même temps ce n’est pas négatif. C’est même la preuve que je suis critique envers ma propre production. Je sais que ce texte n’est pas jouissif. Je décide cependant de ne pas m’arrêter à cette constatation. J’ai encore le pouvoir de me rattraper. Et je vais l’utiliser ! Il est hors de question que je laisse la qualité de cet article sombrer. Là je remonte. Je m’élève, je surmonte. J’aime bien le mot « surmonter » ça me fait penser à Nietzsche. Oui, je sais, tu t’en fiche.


Bref, j’ai aussi utilisé le mot « élève ». Etymologiquement, ce terme est intéressant. L’élève apprend. Et la connaissance l’élève. Et pourtant le prof l’écrase souvent. Paradoxal. Ou alors le prof élève les jeunes, comme des plantes. Il a le pouvoir d’en faire des légumes où des arbres. Je crois que la tendance est malheureusement plus à la carotte qu’au séquoia. La carotte bouffe de la terre pour ensuite se faire bouffer. Le séquoia bouffe de la terre pour pouvoir voir plus loin.

Tiens, je crois avoir trouvé un sujet. J’ai envie de te demander ce que tu penses de mon image, de la carotte et du séquoia. Il se trouve que les moyens actuels le permettent. Je t’y invite. Comme ça on continue l’article à plusieurs. Le monologue devient échange. Le discours devient débat. C’est plus intéressant et constructif je pense.

Il a une autre différence entre la carotte et le séquoia. Je me suis trompée. La carotte ne bouffe pas de la terre, elle bouffe du sable. Ce n’est pas bon le sable, pas très nutritif. Par contre le séquoia pousse dans le bon terreau noir de la forêt. Il semblerait que si tu veux avoir une population éduquée et qui vois loin, il faut y mettre les moyens. Et puis ta population sera plus indépendante. T’as déjà vu des séquoias pousser en rangées toi ?

L’autre jour, j’ai vu une pie manger une carotte. Elle ne l’a pas finie, elle en a laissé aux vers. Je n’ai bien évidement pas choisi d’utiliser la pie ou l’asticot par hasard. Donc la carotte se fait manger en quelques minutes par le voleur et le charognard. Par contre d’après ce que je sais, il faut une équipe de plusieurs dizaines de vaillant bucherons et charpentiers pour abattre un séquoia et en faire des planches. Et cela nécessite plusieurs jours.

J’aime cette image. J’aime les séquoias. Le séquoia c’est la baleine bleue végétale. C’est immense, c’est lourd. Et pourtant c’est gracieux et digne. Ça doit être ça la conclusion de cet article. L’humanité est immense et lourde. A nous de nous élever les uns les autres afin qu’elle soit gracieuse et digne.



PS : Je vous ai ici livré un article assez personnel. Je vous ai montré une partie de ce qu’il se passe dans ma tête. J’espère que vous pourrez le comprendre et l’apprécier. Je vous invite à deux choses : premièrement à y réagir, comme je vous l’ai déjà proposé dans le texte. Et secondement prendre exemple sur moi sur un point : j’ai utilisé Agora’ctu pour m’exprimer librement, sans aucune forme de contrainte et je vous demande de faire pareil et de profiter de ce cadre. Il est inscrit sur chaque édition du Canard Enchainé que « la liberté de presse ne s’use que quand on ne s’en sert pas ». Pense-y. Ecris.



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