L'envers du décors : Nationale 666
- Lucie
- 22 mars 2016
- 3 min de lecture
Ecrit et mise en scène par Lilian Lloyd
Avec : Sonia Bhé, Virginie Georges et Victoria Grosbois

Nationale 666, c’est le coup classique de la mariée qui s’enfuit devant l’hôtel juste avant le mariage. Mais finalement, c’est un peu plus que ça. Cette pièce nous propose de suivre trois femmes : Louise, la punk féministe, Angélique, la fille de bonne famille qui suit les principes de l’Eglise et Sophie, qui finalement est perdue entre ces deux représentations de la femme. A travers ces personnages extrêmes, on se retrouve à réfléchir sur ses choix, que ce soit en amour ou en général : peut-on être heureux si on essai de construire une vie à deux avant de se connaître soi-même ?
Nationale 666 allie très bien le côté théâtrale mais aussi le côté plus cinématographique, très particulier à la mise en scène de Lilian Lloyd : on a parfois l’impression d’être au cinéma devant une comédie romantique. Bien que certains moments semblent moins réalistes que d’autres, on se laisse emporter par l’histoire et par la rock’n’roll attitude, ACDC et Queen étant à l’honneur dans ce spectacle. L’énergie de la pièce et la mise en scène en font un vrai bon moment emprunt de liberté et nous aussi on a envie de prendre la route sur un bon vieux « Highway to Hell ».
En conclusion, Nationale 666 est un plein de bonne humeur, d’énergie et de rock attitude et on en avait bien besoin !
Rencontre avec les comédiennes Sonia Bhé, Virginie Georges et Victoria Grosbois :

Agora’ctu : On a un vrai sentiment de liberté en tant que spectateur, est-ce que vous le ressentez vous aussi en tant que comédiennes quand vous êtes sur scène ?
Sonia : Oui, on a un vrai sentiment de liberté.
Virginie : Même si nous sommes très cadrées dans l’interprétation, nous avons quand même une certaine liberté de jeu qui fait aussi la dynamique de la pièce.
Agora’ctu : Est-ce que vous vous identifiez à vos personnages ?
Victoria : Pas du tout. Angélique est assez extrême et à l’opposé de moi. Je me retrouve plus en elle à la fin de la pièce.
Virginie : Louise est emprunte de liberté et de féminisme auquel je me raccroche mais je n’ai cependant pas son franc-parlé et son audace. Je me retrouve moi aussi plus en elle à la fin du spectacle.
Sonia : Cette pièce est loin de l’éducation qu’on a reçu. L’histoire se déroule en 1981, à l’aube de l’évolution des Droits des Femmes, donc ce n’est pas la même éducation qu’aujourd’hui. J’y retrouve quand même l’éducation de mes grands-parents donc je crois en mon personnage.
Agora’ctu : Louise se revendique féministe et on peut retrouver certaines valeurs féministes dans la pièce. Considérez-vous que c’est une pièce féministe cependant ? (à la sortie de notre semaine de lutte pour les Droits des Femmes, j’étais obligée de poser la question !)
Sonia : Non ce n’est pas vraiment une pièce féministe.
Virginie : Cette pièce pose plus la question du féminisme à l’époque, un peu moins pour aujourd’hui. C’est plus un questionnement sur la condition des femmes que du féminisme. La femme est-elle mieux aujourd’hui avec le féminisme ?
Agora’ctu : C’est très caractéristique dans le style de Lilian Lloyd de donner l’impression de regarder un film. Est-ce que vous avez parfois l’impression de passer de comédienne à actrice ?
Sonia : Lilian aime le style cinéma.
Virginie : Il voulait qu’on soit nos personnages plutôt qu’on les joue.
Sonia : Pour cela, oui, certains codes du théâtre, notamment le théâtre de boulevard, ne sont pas appliqués, mais c’est avant tout pour chercher la vérité et la sincérité. Le but de la pièce est de donné un vrai point de vue social sur l’époque, quitte à parfois sortir du genre théâtrale et emprunter les codes du cinéma.