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Xtrem : Qui tient les cornes du taureau ?


Comme nous tous, il y a des choses que j’aime et d’autre que je n’aime pas. Et parfois, une chose que j’aime interagit fortement avec une chose que je n’aime pas et ça me fait chier. Vraiment.

J’aime les sports extrêmes. Je les aime parce qu’ils sont intenses pour ceux qui les pratiquent, leur procurent des sensations uniques et qu’en plus, ils sont spectaculaires et beaux. Je peux aussi rajouter que les sports extrêmes sont souvent basés sur une forte relation entre un sujet et son environnement. Que ce se soit un environnement naturel qu’il faille dompter, comme dans le surf, le kayak, le base jump ou le ski ou un environnement urbain, comme en skate, en bmx ou en parcours.

Par contre, je n’aime pas la publicité. Premièrement parce qu’elle est faite pour inciter à la consommation et que je pense qu’on devrait plutôt se calmer sur ce point-là parce qu’on en demande trop à notre planète et à notre porte-monnaie. Et plus parce que l’influence de la publicité sur notre fonctionnement a été étudié de manière scientifique et que c’est assez flippant de voir à quel point on est facilement influençables et manipulables par la pub.

Et là est le problème. J’adore les sports extrêmes mais ceux-ci sont énormément dépendants de la publicité et du sponsoring.

Prenons l’exemple de Red Bull. Globalement, ils vendent de la caféine et du sucre dans de l’eau qui fait des bulles. Les effets de la boisson sur la santé, je m’en tamponne. A peu près tout est mauvais pour la santé si on n’a pas une consommation raisonnable. Le problème c’est quand la publicité t’incite à avoir une consommation déraisonnable. Et globalement, c’est accepté par tout le monde, sauf par Sarkozy. Le paquet neutre et l’absence de pub pour les clopes ça vient de là. Le principe, c’est de se dire que fumer c’est pas bon pour la santé et que c’est pas à celui qui vent les clopes de t’inciter à fumer, mais plutôt à toi-même de faire un choix réfléchi.

Donc que Red Bull vende sa merde, c’est pas mon problème ici. Mon problème c’est que Red Bull nous influence à acheter sa merde et se sert des sports extrêmes pour ça.

Et là, j’en viens à me demander qui a besoin de qui. Est-ce que c’est Red Bull qui a besoin des sports extrêmes afin de mener sa stratégie commerciale et de nous faire boire son café-sucré-qui-fait-des-bulles ou bien est-ce le monde des sports extrêmes qui a besoin que Red Bull utilise 30 à 40% de son chiffre d’affaire (environ 1,4 milliards d’euros par an, oui, c’est énorme) dans l’organisation d’évènements et le soutient matériel ou financier des sportifs ?

Depuis quelques années, on a vu le niveau des sports extrêmes grimper en flèche. Les tricks posés sont toujours plus techniques, et globalement tout a été plus vite, plus haut et plus fort. Et ce parce que les contrats de sponsoring ont permis à de plus en plus de sportifs de faire de leur passion leur métier et ainsi de pouvoir plus s’entrainer, avec du meilleur matériel et des meilleurs moyens.


Alors comment continuer tout cela sans la publicité ?


Premièrement, on peut donner une place plus importante à la publicité des marques qui produisent vraiment des produits pour un sport en question. Qu’un mec porte les couleurs de la marque qui lui a filé son vélo où sa board c’est déjà un peu mieux que de faire de la pub pour d’énormes multinationales.

Ensuite, comme dit plus haut, les sports extrêmes ont la chance d’être spectaculaires et beaux visuellement. Et cela peut être mis à profit. Plusieurs des meilleurs kayakistes sont investis dans des structures qu’ils ont créées et qui leur permettent de filmer et diffuser leurs différentes expéditions.

Alors certes, il y a souvent le nom de quelques partenaires au début des vidéos mais l’idée de se servir des médias pour se financer et faire une partie de se com soit même n’est pas désintéressante. Et en continuant dans cette direction, on pourrait arriver sur un système déjà utilisé par certains créateurs de contenu sur internet qui consiste à proposer au public de contribuer financièrement à la production de contenu.

Pour ce qui est des compétions et autres évènements… Difficile de se passer des sponsors à l’heure actuelle. A moins que les municipalités et collectivités locales et territoriales augmentent énormément leurs subventions. Et cela parait peu probable, les risques encourus par les pratiquants ayant tendance à les dissuader de trop soutenir ces sports. En plus, ce sont des sports où la compétition n’est pas amenée avec la même philosophie (quand il y a compétion). En effet, plutôt que de dépasser l’autre, on essaye plus de se dépasser soit même. Et ça ne plait pas tellement au ministère de la jeunesse et des sports qui a tendance à filler un max de subventions aux clubs qui font des gros résultats en compèt.

Les sports extrêmes sont des sports qui gardent une certaine authenticité et qui ne sont pas encore des jouets du capitalisme comme peuvent être d’autres sports. L’implication de grands noms du foot dans les « panama papers » le montre. Alors essayons de préserver cette authenticité tout en développant les pratiques.



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